Old habits die hard / Les anciennes habitudes ont la peau dure

— English below —

Déjà plus de trois mois depuis que j’ai franchi la ligne d’arrivée de la “dernière des vraies compétitions”. C’est comme ça que j’aime l’appeler, puisque je sais déjà que je ferai quelques courses de ski de fond pour le fun cet hiver.

Trois mois qui sont passés très vite, si ce n’est pour la semaine de canicule. J’ai passé la plus grande partie des deux derniers étés à plus de 1400m d’altitude et je ne suis définitivement pas habituée à ces températures au-dessus de 25°C qui sont très normales pour un été à Genève, beaucoup moins pour Realp ou Lenzerheide (autant dire que je n’ai jamais aimé aimé ce genre de chaleur, mais elle a été particulièrement éprouvante cette année).

La plus grande partie de mon temps depuis la fin de la saison, je l’ai passé à chercher à comprendre comme être une personne “normale”, comment vivre en ville et à savoir combien de temps j’ai envie d’investir dans ma carrière amateur de ski de fond. Quand les gens me demandent ce que je fais dans la vie, je réponds toujours que je suis une biathlète, par habitude, avant de réaliser que je ne le suis plus et ensuite je dois me corriger et plus ou moins raconter l’histoire de ma vie en conséquence.

Dès que je suis revenue à l’uni après les championnats Suisses, j’ai clairement vu un changement dans mon attitude par rapport aux études: une de mes premières réflexions a été “punaise, faut que j’augmente ma moyenne là”, ce que je vois comme ma compétitivité et mon perfectionnisme qui se transfèrent du biathlon à quelque chose d’autre. Si avant avoir la moyenne me suffisait, ce n’est plus le cas maintenant. Comme si j’avais besoin de me mettre plus de pression inutile sur moi-même… Au moins ça, ça n’a pas changé.

J’ai commencé à m’installer dans une certaine routine, chose que je ne suis sûre d’aimer. Le fait que chaque jour, chaque semaine étaient différents et la légère imprédictibilité inhérente au sport de haut-niveau me manquent. Ironiquement, avant je n’aurais que pu rêver de pouvoir prévoir les choses plus de quelques jours à l’avance, là, je le déteste.

Les choses sont bien différentes et je suis certainement contente d’avoir toujours gardé un pied dans le monde réel (en entamant des études à temps partiel), donc y retourner n’est pas un changement complet. Ça me fait vraiment comprendre pourquoi certains athlètes ont du mal après leur carrière. Je ne peux qu’imaginer comment je me sentirais si je n’avais fait que du biathlon ces dix derniers ans. Même avec ce pied resté en dehors du sports, des fois, j’ai du mal. Quelques jours, je n’ai littéralement aucune idée de ce que j’ai envie de faire dans la vie, et d’autres je sais exactement où j’en serai dans cinq, dix ans. Savoir que je peux faire ce que je veux, c’est flippant. Même si je suis en train de faire quelque chose que j’aime, je ne vais pas mentir, je préférerais me lever chaque jour pour l’entraînement de 9h plutôt que le cours de 8h. Oui, ça me manque, mais plus d’une manière nostalgique, comme un bon souvenir. Et oui, il m’arrive de me demander si j’ai bien pris la bonne décision, mais ça m’arrive beaucoup moins souvent que ce à quoi je m’étais attendue.

S’habituer à tout ça va demander du temps. J’ai toujours du mal à l’idée de prendre du temps pour aller prendre un verre avec des ami-e-s, j’ai toujours du mal à prévoir des vacances pendant la pré-saison ou choses de ce genre, parce que je n’arrive pas à m’empêcher de penser que ça va gâcher mon entraînement. J’ai toujours du mal à passer les choses avant le sport. Je continue à suivre mon pouls au repos. Avril et mai combiné, je me suis entraînée plus cette année que l’année passée. Je continue à suranalyser chaque séance d’entraînement. Mais au final, c’est peut-être pas de si mauvaises habitudes que ça, si ferai quelques courses cet hiver.


ENGLISH

Already more than three months have gone since I cut the finish line of the “last race of the real ones”. That’s how I like to call it, since I know I’m gonna be racing in xc-skiing just for fun next winter.

Three months that have gone really fast, except for the week in the heatwave. I have spent almost all of the past two summers above 1400m and I am definitely not used to these over 25°C temperatures that are pretty normal for summer in Geneva, a lot less in Realp or Lenzerheide (I have always hated that heat, but it definitely hit me real hard this year).

Most of my time since the end of the season was spent figuring out how to be a “normal” person, how to live in the city and how much time do I want to be investing into being an amateur xc-skier. When people ask me what do I do in life, I still answer that I’m a biathlete, before realising that I’m actually not one anymore and then I have to correct myself and explain pretty much my whole life story in consequence.

As soon as I got back to uni from the Swiss champs, I clearly saw how my attitude towards studying changed: one of my first thoughts was “holy moly, I gotta up my grade game”, which I see as my competitiveness and perfectionism transferring from biathlon to something else. If before passing the class was enough for me, it’s not anymore. Talk about putting useless pressure on yourself… That definitely hasn’t changed.

I’ve started to get into a daily routine, which is something I’m not sure I like. I miss that everyday, every week was different, and the slight unpredictability that’s inherent to elite sports. Ironically, before I only dreamed of being able to plan things more than one-two days in advance, now I kinda hate it.

Things are definitely different, and I’m really glad all throughout my career I kept a foot in the real world (by studying part-time), so going back to it doesn’t feel like a complete change. It really makes me understand how some athletes struggle after their career. I can only imagine how I would feel, had I been doing only biathlon for ten years. Even with a foot that stayed out of sports, I still struggle sometimes. Some days, I wake up having literally no idea what to do with my life and some days, I know exactly where I’m going to be in five or ten years. Knowing that I could do anything I want, it’s scary. Although I’m doing something I enjoy, I’m not gonna lie, I’d rather wake up every morning to go to a 9 am training, than to a 8am class. Yes, I miss it, but more in a nostalgic way, like a great memory you look back fondly on. And yes, sometimes I wonder if I made the right decision, but it happens a lot less than I expected it.

It will take time to get used to this. I still struggle with the idea of meeting friends for drinks, I’m still reluctant to plan vacations during what would be the pre-season or stuff like that, because I’m still thinking that it will mess up with my training. I still have difficulty putting some things before sport. I still keep track of my resting heart rate. April and May combined, I’ve trained more this year than I did last year. I still overanalyse my training sessions. But I guess they’re not so bad habits since I still plan to race this winter anyway.

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