From races to a cold and back / De compétitions à un rhume et retour

— English below —

Cet hiver n’a pas été des plus faciles jusqu’à présent. Faut dire que si j’avais voulu une vie facile, je n’aurai pas été biathlète en premier lieu. Après un début relativement promettant, j’ai un peu raté ma récupération en ne pas prenant en compte le stress des examens de fin de semestre et j’ai fini assez fatiguée avant les vacances de Noël. Après Noël, j’ai réussi à faire une bonne semaine d’entraînement. Ensuite, j’ai été frappée par un mystérieux coup de fatigue qui s’est transformé en rhume quelques jours après une individuelle catastrophique à Ridnaun. C’est assez frustrant: la piste à Ridnaun, avec ses montées courtes mais raides, ses changements de rythme rapides et ses quelques virages un peu plus techniques m’auraient convenu parfaitement il a quelques années (maintenant je ne suis plus sure qu’il y ait une piste qui me permette de jouer sur mes qualités, mais ce n’est pas le sujet ici).

Ce maudit rhume m’a aussi fait manquer une partie des courses que j’attendais avec le plus d’impatience: une coupe suisse aux Tuffes, où j’ai commencé le biathlon. Ça peut paraître ridicule, mais j’étais tellement déçue de ne pas pouvoir courir là-bas, que j’ai décidé de participer au relais mixte simple le dimanche, même si j’étais encore à moitié malade. C’était dur.

Quelques jours plus tard, le rhume était parti comme il était arrivé et tout allait bien à nouveau. Après un weekend assez bon à Flühli, il était temps pour la deuxième course que j’attendais avec impatience: une Alpencup à Pokljuka. J’aime vraiment le site. Le jour du départ, je me suis réveillée avec un début de rhume (il y a comme un motif qui se répète). Donc DNS samedi et participation dimanche encore à moitié malade, parce que je ne suis pas allée aussi loin juste pour traîner sur mon lit, regarder netflix et éviter d’avancer dans mes cours dans une chambre d’hôtel, j’aurais pu le faire à la maison (la partie procrastiner en regardant netflix dans un lit, je vis pas dans un hôtel). Voyant comment la course s’est déroulée, ce n’était pas vraiment la meilleure idée, mais je ne le regrette pas. C’est évidemment frustrant, parce que je ne me suis pas entraînée tout l’été pour avoir un troisième DNS à côté de mon nom, mais ça fait partie du jeu. Là je suis dans cette situation bizarre où je me demande si mon rhume est encore un rhume ou déjà des allergies et si mon nez est vraiment bouché ou si je suis juste en manque d’oxymétazoline (oui, le spray pour nez qu’on est pas censé utiliser plus d’une semaine).

Constance n’est pas le mot que j’utiliserai pour décrire ma saison jusqu’à présent. En général, la constance sur le pas de tir est une de mes qualités: je ne suis pas la plus précise, mais mes résultats au tir ne varient pas beaucoup d’une course à l’autre. Cette année, ce n’est pas le cas, surtout au debout.

J’ai eu pas mal de problèmes avec des douleurs au bas du dos, qui apparaissent seulement pendant les compétitions. Ça ne me dérange pas trop pour skier, mais ça rend impossible de tenir et stabiliser la carabine pendant le tir debout. C’est une des raisons pour laquelle mon dernier tir a souvent été mauvais cette année. Honnêtement, quelques fois c’est une miracle que je réussisse à en toucher plus d’une à cause de la douleur. J’ai toujours eu ces douleurs depuis que je suis petite, mais grâce à beaucoup de gainage, les douleurs apparaissent plus qu’aux courses et plus à chaque entraînement. C’est même la première année où les douleurs se limitent aux compétitions (mais elles sont devenues plus intensives, ou peut-être qu’elles me dérangent plus). Une IRM en été a prouvé que tout est en ordre avec mon dos, donc tout ce qu’il me reste à faire et de travailler mon gainage et espérer que le tape de kiné fasse son job.

Pour le moment c’est encore assez dur pour moi d’arriver aux plus hauts niveaux d’intensité, parce que ma tolérance au lactate est encore assez basse. En général dans le deuxième tour, je commence à avoir des jambes bien lourdes et en conséquence je laisse tomber mentalement. J’ai un peu ce problème où les objectifs qui me motivent sont trop ambitieux et les objectifs réalistes ne me motivent pas (puisqu’ils sont pas aussi ambitieux que les objectifs réalistes que j’avais il y a 3 ans). En théorie, j’ai vraiment envie de les atteindre, mais en pratique, dès que quelque chose ne va pas en course, j’abandonne l’idée. Dernièrement, j’ai réussi à mieux gérer le dernier tour, donc espérons que ça continue ainsi.

Tout ça peut sonner assez négatif, mais ce n’est pas comment je le ressens. J’ai retrouvé cette légèreté, où je ne me prends pas trop au sérieux et où je prends plaisir à skier et à courir, qui me manquait il y a quelques années. Même quand les choses ne se déroulent pas de la meilleure façon, je réussis à trouver une manière d’apprécier ce que je fais. Globalement je suis plus heureuse maintenant que jamais auparavant. La direction est la bonne. Je sais où je me suis améliorée, je sais ce que dois améliorer et je sais même comment. Et après tout, le pire qui puisse arriver dans le sport à haut niveau, c’est de se rater. Et honnêtement, ce n’est pas la fin du monde.


ENGLISH

This season has not been the easiest so far. Although if I’d wanted an easy life, I wouldn’t be a biathlete in the first place. After a fairly promising start, I messed up my recovery by not taking into account the stress of end of semester exams and ended up very tired before Christmas. During Christmas I was able to do a good training week. Then I was hit by a mysterious tiredness that turned into a cold a few days after a catastrophic individual in Ridnaun. It was really disappointing: the course in Ridnaun with its short but steep uphills, fast rythm changes and a few rather technical turns would have been perfect for me a few years ago (now I’m not sure any course really allows me to play to my strengths, but that’s not the subject here).

That cold also made me miss a part of the races I was most looking forward to: a Swiss cup in Prémanon, where I started biathlon. It might seem ridiculous, but I was so disappointed in not being able to race there. So I decided to race in the single mixed relay on Sunday even though I was still half sick. It was hard.

A few days later I had already recovered from that cold and it was all good again. Then after an okayish weekend in Flühli, it was time for the second race I was most looking forward to: the Alpencup in Pokljuka last weekend. I just love the venue. But on the day we left, I woke up with a light cold (there’s some kind of a pattern here). So DNS on Saturday and on Sunday I raced still half sick, because I didn’t go so far to just lie in my bed, watch Netflix, and avoid uni work in a hotel room, I can do that at home (the procrastinating by watching Netflix in bed part, I don’t live in a hotel). Considering how the race went, it wasn’t a good idea, but it is what it is and I have no regrets. It’s obviously frustrating, because I didn’t train all summer to get a third DNS next to my name, but s*** happens. Now I’m in this weird situation where I’m wondering if my cold is still a cold or already allergies and if my nose is really stuffy or if I am just experiencing oxymetazoline withdrawal (you know the nose spray you shouldn’t use for more than a week).

Constant is definitely not the word I’d use to describe my season so far. Usually being constant on the shooting range is one of my strengths: I’m not the most accurate one, but my results have little variance between races. It has not been the case this year my shooting, especially standing.

I’ve struggled a lot with lower back pain, which appears only during race. It doesn’t bother me so much for the skiing part, but it makes it impossible to hold or stabilize the rifle in the standing shooting. That’s one of the reasons why my last shooting has generally been pretty bad this year. Honestly, sometimes it’s a miracle I even manage to hit one throughout the pain. I’ve always had that pain since I was a kid, but through intensive core training the pain only apperas in races now, instead of in any training. It’s actually the first year where it’s only limited to races (but it has gotten more intensive, or maybe it just bothers me more). An MRI in the summer proved that there’s absolutely nothing wrong with my back, so all I need to do is to keep working on my core and hoping the kinesiology tape does its job.

At the moment it’s still hard for me to reach the highest intensity levels, because my tolerance to blood lactate is still pretty low. Usually in the second round I start having extremly heavy legs and in consequence I mentally let go. I have a bit of this problem where goals that motivate me are way too ambitious and realistic goals don’t really motivate me (because they aren’t as ambitious as my realistic goals were three years ago). I mean in theory I really want to achieve them, but practically, during the race, when something doesn’t work perfectly, I give up on them. But lately I’ve managed to handle the last loop better, so let’s hope I keep going up that road.

This all might sound a bit negative, but that’s not how I feel about it. I have found this lightheartedness again, where I’m not taking myself too seriously and just enjoying racing and skiing, that I missed a few years ago. Even when my performance isn’t optimal, I still manage to find a way to appreciate what I’m doing. Overall I’m happier now than ever before. The direction is the good one. I know where I’ve gotten better, I know where I have to get better and I even know how. And after all, the worst thing that can happen in elite sports is failing. And honestly, that’s not the end of the world.

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