First races: done / Premières courses: fait

— English below —

La saison longuement attendue a finalement commencé, et les premières compétitions sont déjà derrière. Ma préparation s’étant très bien déroulée et les tests en novembre ayant confirmé que la direction était la bonne (à lire ici), j’avais vraiment hâte de commencer la saison, même si je sais que je suis loin de ma meilleure forme. En réalité, ce n’est pas totalement vrai, je suis plus ou moins au même niveau que lorsque j’ai fait mon meilleur test sur tapis, mais comme c’était il y a trois ans, pas besoin de peindre un tableau. A la même vitesse, mon pouls est plus bas que jamais, mais mon taux de lactate est encore assez élevé surtout au dessus du seuil aérobie, donc je sens assez rapidement cette sensation si appréciée de jambes qui brûlent et ça m’empêche de performer à des hautes intensités pendant très longtemps. Je suis aussi probablement pas encore complètement (re-)habituée à des concentrations de lactate très élevées, puisque ma préparation cette saison a principalement été axée sur la reconstruction de la base, mais au moins, je sais que cette dernière est bonne. Et de toute façon, ça va doucement dans la bonne direction et avec les compétitions ça devrait s’améliorer, donc on verra ça plus tard dans l’hiver.

Les deux première courses à Realp m’ont surprise, c’était beaucoup mieux que ce à quoi je m’attendais. Croyez moi quand je dis que c’est beaucoup plus agréable de courir quand on est pas en surentraînement et qu’on a une préparation décente derrière. La coupe suisse à Realp a été suivie par une Alpencup à Obertilliach. C’est une piste que j’apprécie beaucoup, peut-être parce que j’en ai des bons souvenirs, ce qui m’a rendue un peu nostalgique. La première compétition n’était pas trop mauvaise. Avant d’arriver au premier tir, même si mes jambes étaient en feu, ma respiration saccadée, j’avais le goût du sang dans la bouche et j’avais aussi besoin de vomir (c’est mon nouveau truc cette année, après un tour j’ai envie de vomir, et je sais pas encore si c’est une bonne chose ou pas), j’ai réalisé que je m’amusais et que c’est ce que j’aime faire, ce que je n’avais pas ressenti depuis des années (du moins en compétition).

Le dimanche, j’ai vraiment commencé à sentir l’accumulation de fatigue et j’avais l’impression que mes jambes étaient en plomb (oui, c’est l’étape en dessous les jambes de bois et comme l’a si bien dit ma mère: “heureusement qu’elles n’étaient pas en tungstène”). Il se trouve que lorsqu’en deux semaines on court plus que dans les deux dernières années, on va se retrouver très fatigué. Je n’y avais pas vraiment pensé avant, mais effectivement ça paraît logique. Même si j’ai très bien réagi à l’entraînement pendant l’été, je dois encore m’habituer aux intensités plus élevées de l’hiver.

J’avais besoin d’une semaine de récupération. Même si 60km de pistes fraichement tracées ont peut-être fait que cette semaine a été un peu moins tranquille que prévue. En ajoutant un peu de stress pour les examens de fin de semestre et j’avais un cocktail explosif. Comme l’a si bien dit mon coach: “Je pensais que t’avais enfin compris quand tu me disais que t’avais besoin de repos dans le bus en rentrant d’Obertilliach”. Apparemment non. Même si j’ai été assez tranquille, la fatigue a continué et ça a été extrêmement difficile pour moi: ça a rappelé beaucoup d’ancien démons. On va pas se mentir, je suis terrifiée de refinir en surentraînement. J’ai eu l’impression que j’avais fait tout ça pour rien et que c’était inutile, que je ne pouvais pas me permettre de ne pas m’entraîner et que de toute manière je n’avais même pas envie de faire des compétitions, mais juste de m’entraîner. Après quelques jours de repos sans réels changements, tout ce que je voulais faire, c’était de sortir faire des intenses bien dures. Un peu comme la version sportive de noyer ses problèmes dans l’alcool (l’alcool étant ici les intervalles bien durs, pour être clair). C’est typiquement ce genre de pensées que j’ai eu.

Quand j’ai l’impression que je ne peux pas contrôler quelques chose, comme un pouls au repos élevé, je commence à paniquer et à imaginer tous ces scénarios catastrophiques et ça finit en hyperventilation, crise de larmes hystérique et des sms paniqués à ma mère contenant environ 50% d’injures (désolée maman et merci de me laisser décharger ma panique). Bizarrement ça a l’air de m’aider, puisque une fois la crise passée, je me sens plus calme et je vois les choses plus clair. J’ai vraiment des manières tordues de gérer mes émotions, comme la manière dont je genre le stress de course: je rage sur quelque chose, en général sur le fait qu’il y a trop de monde sur le stand de tir pendant l’entraînement officiel ou si je n’arrive pas à choisir entre deux skis. De nouveau, après, je me sens moins stressée. Tant que ça marche, je vais continuer à exprimer mes émotions de cette façon…

En prenant tout en compte, c’est probablement le meilleur début de saison que j’ai jamais réalisé, les résultats sont ce qu’il sont, mais il y a beaucoup de progrès et beaucoup de choses que je peux facilement améliorer cet hiver ou l’été prochain. Objectivement mes tirs étaient bon, même si mes erreurs étaient un peu bêtes: il paraît que viser la cible augmente la précision de tir assez radicalement (même si est-ce que les erreurs sont jamais vraiment intelligentes? vous avez deux heures). Subjectivement, je pense pouvoir faire beaucoup mieux que 84% de réussite (j’aurais tué -pas littéralement- il y a quelques années pour avoir cette précision au tir, là je suis juste pas vraiment satisfaite). Globalement, je ne peux pas m’empêcher d’être un peu déçue, mais je pense que c’est juste mon coté perfectionniste jamais vraiment satisfait. Mais là c’est l’heure de la pause de Noël et puisque j’ai enfin récupéré de ces compétitions, il est aussi temps de se remettre au boulot.

Bonnes fêtes!!



ENGLISH

The long awaited season finally started and the first races are already history. My preparation has been really good and the lab tests in November confirmed that the direction was the right one (more here), so I was really excited to start the season, although I knew that I’m still far from my best shape. Actually that’s not exactly true, I’m approximately at the same level I did my best mat test ever, but since that was three years ago, you get the picture. At the same speed, my heart rate is lower than ever, but my lactate is still pretty high especially over the aerobic threshold, so I tend to feel that oh-so-lovely lactate burn in my legs pretty quickly and it kinda prevents me from performing at high intensities for a long time. I’m also probably still not completely used to higher concentrations of lactate, since my preparation has mainly focused on rebuilding my base, but at least I know my base is strong. And it’s slowly going in the right direction and performing over the anaerobic threshold should make things better, so we’ll see that later in the season.

The first two races in Realp surprised me, they were a lot better than I expected. Trust me when I say it feels a lot better to race when you’re not overtrained and you have a decent preparation behind you. After the Swiss Cup in Realp, it was time for the first Alpencup in Obertilliach. It is a course I appreciate a lot, probably because I have good memories from it, which made me feel a bit nostalgic. The first race was okayish. Before coming to the first shooting, although my legs were burning, my breath was short, my mouth tasted like blood and I also kinda needed to puke (it’s my new thing, this year I always feel like I’m about to puke after the first loop, I’m not sure whether that’s a good or a bad thing), I realised this was fun and that’s what I love to do, which was something I have not felt in years (at least during a race).

On Sunday I really started to feet the accumulated fatigue and my legs felt like they were made of lead (yes, that’s the step below wooden legs and as my mother put it: ” luckily they aren’t made of tungsten yet”). Turns out when in two weeks you race more than in the past two years, you’re going to end up tired. I hadn’t thought of that before, but it does make sense. Although I have reacted well to the training in summer, I still need to get used to the higher intensities of the winter.

I needed a week of lighter training. Although 60km of freshly groomed xc-tracks may have made that week a bit heavier than planned. Add some stress for the end of term exams to that, and you’ve got an explosive cocktail. Like my coach said: “I thought you had finally understood when you said you needed to take a lighter week in the bus coming back from Obertilliach”. Apparently not. Even though I took it easy, the tiredness continued and that was extremely hard for me: it brought a lot of past demons back. Let’s just face it, I am terrified of going back to overtraining. I felt like this was all useless and that I had done this for nothing, that I couldn’t afford not to train and that I didn’t even want to race in the first place and I just wanted to train. After a few days of rest without any change, all I wanted to do was to go out and do some really hardcore intervals, I’ve always seen it as the sport version of numbing the pain with alcohol (the alcohol being the extremely hard interval training, just to be clear). That’s the most typical thoughts I had.

When I feel like something is out of my control, like a high resting heart rate, I start panicking and imagining all these catastrophic scenarios and basically it ends up in some hyperventilation, hysterical crying and panicked text messages to my mom which contain about 50% of swear words (sorry mom and thanks for letting me vent). Weirdly enough that seems to help, because after the crisis is over, I feel calmer and I see things clearer. I definitely have some twisted ways to deal with my emotions, like how I deal with race stress: by getting really angry at/about something, usually when the shooting range is too crowded during the official training or if I can’t choose between two skis. Then again afterwards I don’t feel so stressed anymore. But as long as it works, I’m gonna continue expressing my feelings that way…

All in all it’s probably the best season start I’ve ever done, the results are what they are, but there are definitely a lot of improvements and a lot of things I can relatively easily improve over the winter or over the next summer. Objectively my shooting was good, even though most of my mistakes were a bit dumb: like actually aiming at the target improves your accuracy radically (although are mistakes ever wise? you have two hours). Subjectively I think I can do better than an 84% accuracy (I would have killed -not literally- a few years ago to have that accuracy, now I’m just annoyed). Overall I can’t help but feel a little bit of disappointment, but I guess it’s just the never fully satisfied perfectionist in me. But now it’s time for the Christmas break and since I finally recovered from those races, it’s also time to get back to work.

Merry Christmas!!

One Reply to “First races: done / Premières courses: fait”

  1. Aivan upeata oivaltavaa tekstiä rakkain Elisa, olen sinusta ylpeä. Hyvää joulua ja muistathan rakastaa itseäsi ja olla armollinen itseäsi kohtaan, olet sen arvoinen 😘💜💜💟

    Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s