Overtraining, what did it change / Surentraînement, qu’est-ce que ça a changé

— English below —

Je crois qu’il faut vraiment toucher le fond pour comprendre certaines choses, et pour moi c’était lorsque je pleurais en position fœtale sur le sol de la salle de bains (quoi? Si on prévoit de pleurer, autant le faire où les mouchoirs sont stockés) il y a deux ans pendant les pires moments de mon surentraînement. Et ça m’a frappé. Personne ne m’oblige à faire ce que je fais. Je suis supposée adorer ça. Et dès ce moment j’ai su que c’était absolument crucial que je fasse des changements importants dans mon entraînement et ma mentalité, si je voulais continuer le biathlon.

J’ai du m’engager à 100% quand j’étais très jeune: en tant que biathlète à Genève, on a pas vraiment le choix, si on veut que les gens nous prennent au sérieux (ou en tout cas pas comme une blague). Ça doit être la première priorité, sinon on peut à peine s’entraîner. Sauf que quand c’est parti en cacahuètes, je n’avais plus rien. Maintenant, même si l’entraînement reste ma priorité numéro une, j’essaye d’avoir des projets ailleurs aussi et en ce moment, j’en ai plein en cours (qui resteront probablement juste au niveau de projets, mais c’est l’intention qui compte non?). Par exemple, je peux alleger l’entraînement pour avoir le temps de voir des amis de temps en temps, chose qui aurait été impossible il y a quelques années. On peut dire que je me prends moins au sérieux, mais dans le bon sens du terme.

Je vais pas dire que l’entraînement m’a rendu plus sage, ça serait exagéré, mais ça m’a vraiment enseigné la différence entre écouter son cerveau et écouter son corps. Au final, le corps sait ce dont il a besoin, il faut juste apprendre à l’écouter. J’avais l’habitude de serrer les dents et continuer quoiqu’il arrive, maintenant je sais quand mon corps a besoin d’une pause. Si j’écoutais que mon cerveau, cet addict à l’endorphine sans espoir, je m’entraînerais beaucoup trop et beaucoup trop fort. J’avais planifié trois semaines de repos cette année, et j’ai fini par en faire qu’une seule, puisque je ne ressentais pas le besoin de faire une pause pendant les autres semaines. D’un autre côté, j’ai fait quelques jours plus légers début novembre, parce que mon corps me disait de me calmer. Et si ça peut paraître évident pour certaines personnes, pour moi ça ne l’est pas: j’aime bien tout contrôler et adore suivre un plan, et ne pas le respecter est extrêmement difficile pour moi. Mais j’apprends.

J’ai donc été plus impliquée dans mon entraînement. J’ai fait moi-même le plan annuel, que j’ai ensuite discuté et un peu adapté avec mon coach, en essayant de vraiment avoir un but pour chaque entraînement et pas de juste m’entraîner pour m’entraîner. J’ai aussi essayé de comprendre le pourquoi: pourquoi je devrais faire cet entraînement à cette intensité et pas autrement, pourquoi dans cet ordre et ainsi de suite. Et ça m’a vraiment permis de retrouver ma confiance en moi et en ce que je fais.

Cet été, l’objectif a été de reconstruire la fondation: endurance, force et vitesse. Moins d’intervalles que ce à quoi j’étais habituée, mais c’est probablement une bonne chose en ce moment: d’abord on construit la base. Cette stratégie semble avoir payé à l’en croire les examens médicaux de novembre. Et si ma performance continue de suivre cette tendance exponentielle qui a commencé l’année passée, les compétitions en fin de saison risquent d’être intéressantes.

J’ai aussi changé mon tir debout. Son instabilité a toujours été mon point faible et j’avais commencé a en avoir peur. Et imaginez à quel point on peut bien tirer lorsqu’on en est effrayé, c’est devenu un cercle vicieux. J’ai du complètement reconstruire mon tir et trouver des solutions avec l’aide de mon coach. C’est pas encore parfait et des fois je retombe dans mes anciennes habitudes, mais c’est définitivement sur la bonne voie et j’espère que cette tendance se maintiendra à travers l’hiver.

Pour finir, j’ai arrêté d’en avoir quelque chose à faire de ce que les gens attendent de moi. Je ne suis déjà pas douée pour gérer mon stress, que je gère de la même manière que n’importe quelle autre émotion: je les range dans une boîte au fond de mon cerveau et prétends qu’elle n’existe pas, mais à un certain point, comme une cocotte-minute sous trop haute pression, elle explose et le résultat n’est pas joli. Je suis déjà très forte à me stresser toute seule, les autres n’ont pas besoin de s’y mettre. Maintenant, je suis consciente que des gens ont des buts pour moi et des attentes, mais comme ce ne sont pas les miens, ce n’est pas mon problème.


ENGLISH

I guess you really have to hit rock bottom to understand certain things, and for me that was while crying in fetal position on the bathroom floor (what? If you plan on crying, you might as well do it where the tissues are stored) two year ago during the worst moments of my overtraining. And it hit me. I don’t have to do this. I’m supposed to love this. And from that moment on I knew it was absolutely crucial to make major changes in my training and mentality if I planned on continuing biathlon.

I had to go all in very young: as a biathlete in Geneva you kinda have to, if you want to be able to train and if you want people to take you seriously (or at least not as a joke). It has to be your priority number one, otherwise you can’t even train. Except that when things went south, I had nothing else left. Now although training is still my first priority, I try to also keep busy in other domains and I have a million projects going on (most of them will probably always stay as a project, but it’s the thought that counts right?). For instance, I’m willing to ease up on training to have time to see my friends from time to time, which would have been impossible for me a few years ago. I guess you could say I’m taking myself less seriously, but in a good way.

I’m not gonna say overtraining made me wiser, because that’s a bit of a far stretch, but it really taught me the difference between listening to your brain and listening to your body. Ultimately your body knows what it needs, you just have to learn to pay attention to it. I used to push through no matter what, now I know when my body needs a break. If I listened to my brain, that hopeless endorphin junkie, I’d train way too much and way too hard. I had planned three rest weeks this year, and I ended up only doing one, because I didn’t feel like I needed the other ones at all. On the other hand I did a few unplanned lighter days at the beginning of November, because my body was telling me to slow down. And although that might seem like an evidence for a lot of people, for me it isn’t: I’m a bit of a plan-loving control freak and not respecting the plan is difficult for me, but I’m learning.

So as you can see I’ve been more involved in my training. I made myself the yearly plan which I then discussed and slightly adapted with my coach, really trying to have a goal for every single session and not just training for training. I’ve also tried to understand the why: why should I do that training on that intensity and not that other one, why in this order and so on. It’s really helped me rebuild my self-confidence and trust in what I do.

This summer has mainly focused on rebuilding my basic abilities: endurance, strength and speed. Less intervals than what I was used to, but that’s probably not a bad thing at the moment: first we build the base. That strategy seems to have paid off at least according to the medical exams I did in November. And if the my performance continues to follow this exponential trend it started last year, races at the end of the season might be interesting.

I’ve also changed my standing shooting. Its instability has always been my weakness and it had spiraled so bad that I was afraid of it. And imagine how well you can shoot when you’re afraid of it, it was a vicious circle. So I had to completely rebuild it and look for solutions with the help of my coach. It’s still not perfect and I sometimes go back in my old bad habits, but it has definitely gone in the right direction and I hope that this trend will continue throughout the winter.

Finally I’ve stopped caring about what people expect from me. I’m already not good at dealing with stress, I deal with it the same way I deal with any emotion: stuff it in box in a corner of my brain and pretend it doesn’t exist, and then at some point like a pressure cooker under too much pressure, it explodes and it ain’t pretty. I’m really good at putting myself under a ton of stress by myself, no need for anyone else to add their weight. Now I acknowledge people have goals and expectations for me, but since they’re not mine, they’re not my problem.

One Reply to “Overtraining, what did it change / Surentraînement, qu’est-ce que ça a changé”

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s