La double vie de l’athlète-étudiant / The double life of the student-athlete

— English below —

Depuis septembre, je suis une étudiante, en plus d’être athlète. Une étudiante en sciences et technologies de la santé à temps partiel à l’ETH (école polytechnique fédérale, le nom fait presque flipper) à Zürich. Bien que le titre du post puisse induire en erreur et que cette double vie n’est pas aussi palpitante que celle d’un super héro, il y a quand même beaucoup de choses intéressantes, curieuses et amusantes à en raconter.

Tout d’abord, comment est-ce que ça marche avec tous les entraînements, les stages, et compétitions?
Il n’y a pas de contrôle de présence (et de toute manière, comme ma mère l’a si bien dit: à l’uni, on ne sèche pas les cours, on priorise). En plus, les athlètes d’élite (à savoir détenteurs d’une swiss olympic card, n’importe laquelle) peuvent faire le bachelor en 5 ans, au lieu des habituels 3, si ils en font la demande. Et puis tout le matériel nécessaire (slides, script, exercices, corrections, vidéo du cours pour certains cours, …) sont sur internet.
Enfin, j’ai toujours été très douée pour apprendre seule, et je n’ai pas vraiment besoin (ni le temps, avec les entraînements et tout) d’aller physiquement à l’uni.
La plupart du temps je n’aime pas vraiment les ordinateurs (vous m’avez jamais vu imprimer quelque chose? Probablement pas, puisque j’ai abandonné l’idée d’y arriver un jour il y a déjà un moment), mais je dois admettre que c’est une énorme chance.

Être à la fois une étudiante et une athlète me fait utiliser mon temps très différemment.
Les week-ends? Pas vraiment différents de la semaine: manger-entraînement-manger-étudier-entraînement-manger-étudier-dodo-répéter.
On oublie la vie étudiante avec les soirées et le verre de vin à 16h un mardi dans la cafétéria de l’uni (pas une blague, je rattrapais mon cours de math et à la table à côté les gens étaient joyeusement en train de boire).
Le dimanche est simplement ce jour ennuyeux où les magasins sont fermés et si tu te trouves à Pétaouchnok en ayant oublié d’acheter assez à manger, on ne peut pas passer rapidement au supermarché de l’aéroport ou de la gare centrale (longue vie aux Migros de l’aéroport de Genève et de la gare de Cornavin, qui sont quasi toujours ouverts et qui m’ont sauvé plus d’une fois, #bigcitylife), et on finit par manger des pâtes à l’huile matin-midi-soir. Ça m’est arrivé. Deux fois. Et comme il n’y a pas deux sans trois…
Les vacances? On oublie: Si il n’y a pas cours, faut rattraper ou s’entraîner plus et si c’est avril, le mois de repos, va falloir commencer à bosser pour les examens qui sont en août (sérieusement ETH, qu’est-ce qui ne va pas avec toi? Pourquoi nous enlever nos vacances?)
Les jours de repos? Une journée entière pour bosser les cours. Et je suis plus fatiguée après ces jours (mais plutôt dans le genre overdose de nouvelles informations) qu’après une dure journée d’entraînement.

Être étudiante, ça veut dire que je peux utiliser l’excuse «je peux pas, je dois bosser» pour éviter de faire quelque chose que je n’avais vraiment pas envie de faire (chers étudiants, ne prétendez pas que vous ne l’avez jamais utilisée cette excuse, parce qu’on sait tous que c’est un mensonge). Désolée mais pas désolée, ne blâmez pas le joueur, blâmez le jeu. Même si la plupart du temps l’excuse est légitime et je dois vraiment bosser, parce que ce système d’équations linéaires ne va pas se résoudre tout seul, ces énantiomères ne vont pas se dessiner tout seuls, ce set de données ne va pas s’analyser tout seul et ce programme Matlab ne va pas s’écrire tout seul (ça serait tellement bien).

Jusqu’à présent, ce que j’ai préféré à l’uni, c’est le centre sportif auquel les étudiants ont accès libre et la colline de Käferberg, derrière le campus de Hönggerberg, qui est plutôt sympa pour aller courir et où j’ai vu une biche une fois. En même temps vous vous attendiez à quoi, que je dise que le cours de math le lundi à 8h était ce que je préférais?

Plus sérieusement, j’adore mes études, c’est ce que j’aurais choisi même si je ne faisais pas du sport à haut-niveau. Je connais beaucoup d’athlètes qui n’étudient pas ce qu’ils aimeraient vraiment, parce que ça n’aurait pas marché avec les entraînements, mais j’ai de la chance que pour moi, ça fonctionne.

Je peux utiliser beaucoup de ce qu j’apprends dans mon quotidien d’athlète. Par exemple, je peux dire que mes performances de l’hiver dernier sont comme les nombre complexes, il n’existent pas dans le monde réel. Mais je suis comme un proton, je reste positive (ok, j’en ai fini avec mes pseudo-blagues scientifiques pourries).
Depuis que j’ai commencé l’uni, j’ai passé un temps inhabituel à regarder des memes de sciences sur internet (“hello procrastination my old friend, I’ve come to spend time with you again“), et peut-être que les enfants qui me disaient que j’étais une intello en primaire n’avaient pas si tort que ça.
Quand ils ont salé la piste de skis roues de Realp, parce que ça gelait la nuit, je n’arrivais pas à penser à autre chose que la structure du cristal de NaCl correspond à deux sous-réseaux cubiques à faces centrées . Il y avait un entraînement de deux heures où je n’arrivais pas à sortir les cyclohexanes de mon esprit. La fois où on a parlé de nutrition sportive en stage, à chaque fois qu’on parlait d’un sucre (glucose, fructose, amidon, etc.), j’essayais de me souvenir si c’était un monosaccharide, disaccharide ou un polysaccharide.

Blague à part, la première année est assez générale (je crois que en français ça s’appelle “année propédeutique” et ça fait tout de suite très pompeux, en allemand, ils ne se compliquent pas la vie, ça s’appelle “Basisjahr”, ou année de base) avec des maths, de la chimie, statistique, bio, de l’informatique et d’autres trucs du genre, mais après il y aura plein de cours plus intéressants comme anatomie, nutrition, sciences de l’entraînement, … J’ai pris science de l’entraînement déjà ce semestre et c’est plutôt génial! On doit faire un plan d’entraînement en se basant sur la recherche et il n’y a rien que j’aime autant que prouver que les gens on tort en sortant une preuve irréfutable!

Passer du collège à l’uni est de toute manière un grand changement, mais j’ai réussi à le rendre encore plus grand.
Au collège, j’allais presque toujours en cours, maintenant à l’uni, au premier semestre j’y ai pas été plus d’une semaine au total (en gros, si vous me suivez sur Instagram, et si vous le faites pas, vous devriez, je crois que j’ai fait une story à chaque fois que j’y étais, donc… ), ce qui évidemment voulait dire que je devais tout apprendre seule.
La manière dont les choses sont enseignées à l’uni est déjà différente du collège, sans avoir a y rajouter beaucoup d’absences.
Mon collège était à Genève, ce qui veut dire que tout était enseigné en français. Maintenant, je suis à Zürich, à 300kms de la maison et tout est enseigné en allemand. Je suis peut-être douée en langues, mais le meilleur moyen pour court-circuiter mon cerveau est: connaissances précédentes en français, power-point ou livre en anglais, cours en allemand.

Le premier semestre était un peu bizarre, parce que je devais découvrir et m’habituer à comment l’uni marche. Je savais pas vraiment si mes stratégies d’apprentissage étaient bonnes et si je bossais assez et efficacement.
Mais le premier examen est désormais passé et même si je me suis pointée au cours que deux fois, je l’ai passé haut la main, ce qui m’a bien donné de la confiance. Je me suis ensuite posée la question pourquoi les gens vont en cours alors si il n’y a pas de contrôle de présence? Surtout dans les cours où la vidéo est mise en ligne le lendemain. Parce qu’il n’y a pas moyen que je me pointe en classe un lundi matin à 8h, si je peux regarder le cours posée chez moi le lendemain, à la vitesse x1,25.
Mais c’est peut-être juste moi et ça va certainement changer après les cours magistraux généraux de 1ère et 2ème année. Mais c’est le problème de l’Elisa du futur.

Polyterasse
View from the Polyterrasse

— ENGLISH —

Since september I am a student. A part time health and science technology student at the ETH (in English that would be Swiss federal institute of technology, which sounds almost scary) in Zurich.
The title of the post can be misleading and this double life isn’t as thrilling as the one of a superhero, but there’s still a lot of interesting, amusing and curious things to write about.

For starters, how does that work being a student with all the trainings, camps and races?
First of all, there’s no attendance requirements (and anyway, as my mom said: at uni it’s not skipping class, it’s priorisation). Then, elite athletes can do the bachelor in 5 years instead of the normal 3. In addition, all the material (slides, script, exercices, corrections, videos of the lecture for some of the courses, …) is on the internet. Last but not least, I’ve always been really good at learning alone, and I don’t really need (nor have the time, with trainings and everything) to physically go to uni. Most of the time I hate computers (I mean have you ever seen me printing something? Probably not because I gave up on trying a while ago), but I have to admit that it is an amazing chance.

Being both a student and an athlete makes me use my time differently.
Weekends? Not really different from weekdays: eat-train-eat-study-train-eat-study-sleep-repeat.
Forget student life with parties and drinking wine at 4pm on a Tuesday in the school cafeteria (not joking, I was catching up on a math lecture and people were happily drinking at the other table). Sunday is just that annoying day where shops are closed and if you are in Nowheresville and forgot to buy enough food, you just can’t run to the airport’s or main station’s supermarket (long life to Geneva airport’s and Geneva main station’s Migros’, which are almost always open and have saved me more than once, #bigcitylife), you have to eat pasta with oil morning-midday-evening. Happened to me. Twice. Third time’s the charm.
Holidays? Forget about them: if there’s no school, I have to catch up on what I’ve missed or train harder, and if it’s April, rest month, I have to start prepping the end of semester exams, which are in August (seriously ETH, what is wrong with you? Why take our summer holidays away?).
Restdays? More like studydays. I’m actually more tired (but in new stuff overdosis kind of way) than after a really hard training day.

Being a student means that I get to use the excuse «I can’t, I have to study» to get out of doing something I really don’t want to (dear students, don’t pretend you haven’t used it, because we all know that’s a lie). Sorry not sorry, don’t blame the player, blame the game. Although most of the times I really do have to study, because that system of linear equations isn’t gonna solve itself, those enantiomers aren’t gonna draw themselves, that data set isn’t going to analyse itself and that Matlab-programm isn’t gonna write itself (wouldn’t it be awesome if they all did?).

So far, my favourite thing at uni has been the sport center, to which students have free access and the Käferberg hill behind the Hönggerberg campus where you can go on really nice runs and where I’ve seen a doe once. Duh, what did you expect, that I would say that the 8am math lecture was my favourite thing?

I’m actually really happy with my choice of studies, even if I weren’t an athlete I would have chosen the same thing. I know a lot of people that didn’t study what they really wanted to, because it wouldn’t have worked with the trainings. I’m lucky that my choice is compatible with elite sports.

I can use a lot of what I learn in my athlete life. For example, I can say that my performances of last winter are like the complex numbers. They don’t exist in the real world. But I’m like a proton. I stay positive (ok I’m done with the awful wannabe sciency bad puns).
Since I’ve started uni I’ve spent an unusually big amount of time looking at science memes on the internet (“hello procrastination my old friend, I’ve come to spend time with you again“), so I guess the mean kids who called me a nerd in primary school were maybe into something. Joke’s on me.
When they put salt on the rollerskiing track in Realp because it got under 0 during the night, all I could think about was that NaCl that has a cubic closest-packing type of arrangement when cristalline. There was one two-hour training where for some reason I couldn’t get cyclohexanes out of my mind. That time we talked about sport nutrition, everytime a sugar came up (glucose, fructose, starch, and so on), I was trying to remember whether that was a monosachharide, disaccharide or a polysaccharide.
Jokes aside, the first year, called “base year”, is pretty general with maths, chemistry, statistics, bio, informatics and other stuff like that, but later there’s going to be a lot of more interesting classes, like anatomy, nutrition, exercise science, … I took exercise science already this semester and it’s amazing! We are going to do a training plan based on existing research and there’s nothing I love more than proving people wrong by showing an irrefutable proof.

Going from high school to uni is already a big change for anyone, but I managed to make the change even bigger.
In high school, I went to school almost every day, now at uni, in the first semester I wasn’t at uni for more than two weeks in total (basically, if you follow me on Instagram, and if you don’t, you totally should, I think I made a story everytime I was at uni, so…), which obviously means a lot of self-studying. The way you’re taught at uni is already different than high school and all of it made me change pretty drastically the way I learned.
My high school was in Geneva and everything was taught in French. Now I’m in Zürich, almost 300kms from home and everything is taught in German. By the way, I might be good with languages, but best way to completely short circuit my brain is: previous knowledge in French, power-point or book in English, lecture in German.

So the first semester was a bit scary, because I had to discover how university works and what kind of learning strategies are the best. I didn’t really know if I was learning enough and in an efficient way.
But the first exam is now done, and although I showed up to class only twice, I still managed to get a really good grade, which gave me a lot of confidence. It got me wondering why do people even go to class if there’s no attendance requirements? Especially in the classes where the video of the lecture is on the internet the next day. There’s no way I’m going to a lecture on Monday morning at 8am, if I can watch it the next day cozy at home at a 1,25x speed.
But maybe that’s just me and it will certainly change after the big general first and second year classes. And anyway that’s future’s Elisa’s problem.

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